Bergame, le nouvel anti-héros de votre quotidien

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Ce serait génial si c’était toujours aussi simple, aussi limpide. Quand j’ai découvert les chansons de Bergame, j’ai été bluffé par la puissance de leur minimalisme. Des mots qui sonnent juste, posés sur quelques accords de guitare et de subtiles notes de piano, une bonne chanson devrait toujours se résumer à ça. Des mots qui sonnent juste parce qu’ils racontent des histoires, qu’ils nous projettent dans des paysages infinis, imaginaires ou réels comme « Bruges en hiver », l’un des joyaux de son premier mini-album, « Mon nom est personne », à l’écriture précise et mélancolique :

« Le long des canaux
Chauffés par la bière
Coule le sang de Bruges en hiver
La foule des badauds
Remplit ses artères
Le plein de vide à Bruges en hiver
Au milieu des flots, mais trop loin de la mer
S’enlise le cœur de Bruges en hiver »

Dès la première écoute, j’ai craqué pour le premier extrait « Tout pour moi », qui rappellera forcément à beaucoup les débuts tonitruants de Renan Luce, ce sens de la mélodie et de la narration. Son timbre de voix fluet évoque également Calogero, comme dans le superbe « Au nom du père ». Comme Renan Luce, chaque chanson de Bergame est construite comme un mini court métrage qui nous tient en haleine. Ce qui frappe, c’est que Bergame s’efface toujours derrière la force fragile de ses compositions et de ses textes, privilégiant la puissance de son interprétation pour poser des questions lucides sur une génération qui veut tout à la fois (« America »). Dans l’excellente chanson inaugurale qui porte le nom du disque, « Mon nom est personne », Bergame se rêve en « anti-héros de ton quotidien », « naviguant au fil du radar », « petit soldat vaille que vaille ». A vous de rejoindre son armée.

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