Danser sur un volcan avec le duo Cavale

cavale

Les absents ont toujours tort. Sauf dans le cas de Cavale, qui entame son premier EP avec « Les absents », une chanson explosive interprétée d’un ton martial par Caroline Bayendrian, la voix de ce duo français qu’elle forme avec le musicien Valentin Montu. J’attendais avec une certaine curiosité de découvrir le premier EP de son nouveau projet, après avoir été sous le charme de l’album qu’elle avait publié sous le nom de Brune en 2010.

De Barbara à Nine Inch Nails

Cette ancienne professeur de musique a toujours voulu mélanger chanson française à textes et arrangements moins traditionnels. « Ma rencontre avec Valentin a tout changé, reconnaissait-elle sur RFI à l’époque de la sortie de son premier album. Il avait le truc pour trouver le détail qui correspondait à chaque chanson. Il a amené sa culture rock, ces Anglo-Saxons que l’on écoutait tous les deux : PJ Harvey, Nine Inch Nails. » Sur ce premier EP mené tambour battant, on retrouve donc l’association parfois brutale des machines qui grondent et des mots poétiques qui résonnent.

Un peu déconcertant au premier abord, mais l’alchimie finit par fonctionner et faire des étincelles dans une ambiance post-apocalyptique, comme sur mon titre préféré de l’EP, « Je brûle », où Caroline déclame avec ferveur ces mots très symboliques : « Dans la sueur des corps qui se déchaînent, dans la sueur des heures volcaniques. » Des paroles qui résument mon impression tenace de danser en permanence sur un volcan à l’écoute des 5 chansons du disque, de voir couler des morceaux de lave en fusion dans des paysages désertiques, abandonnés. « L’élan des félins », premier single dévoilé un peu plus tôt dans l’année par Cavale, donnait déjà le ton, 6 minutes et 15 secondes de tension, d’asymétrie, d’électricité contenue pour un final nerveux et haletant comme on en a rarement entendu cette année.

 

lave en fusion

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