Chaton, ou le hip-hop à fleur de peau

Chaton

Avec Chaton, tout devient « Possible ». Possible, comme le nom du premier album à paraître de ce chanteur échevelé à la douceur languissante. Et possible, comme sa renaissance sous ce pseudonyme félin après une première vie d’artiste passée plutôt dans l’ombre sous le nom de Siméo. C’est notamment lui entre autres qui avait composé le tube de Jenifer « Je danse », mais il avait également publié plusieurs albums en toute discrétion, de la chanson française sympathique et plutôt ironique, mais pas franchement révolutionnaire.

Pour sa nouvelle vie, il a souhaité tout reprendre à zéro et se réinventer totalement, se mettre à nu. Je l’ai redécouvert sur Nova avec la chanson « Poésies », comptine pop mâtinée de dub et de reggae, sur laquelle il déclame son amour inconditionnel de la poésie, même « au bord de la faillite ». Ce qui surprend, c’est son utilisation immodéré de l’auto tune, qui rajoute un semblant de spiritualité et de magie. En ce moment, on ne compte plus le nombre d’artistes qui mélangent les genres avec avidité, qui trempent leurs plumes inspirées dans des mélodies aux accents hip-hop : Eddy de Pretto, Hyacinthe, Lomepal, Shelmi, Aloïse Sauvage, voire Tim Dup, pour ne citer qu’eux. Avec son flow nonchalant, Chaton rejoint donc cette liste d’artistes totalement décomplexés, qui brouillent les pistes de façon réjouissante, pas vraiment rap, pas totalement chanson française, juste foncièrement ancrée dans la modernité.

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