In The Canopy, un songe enivré

ITC2

Il y a des albums que je trouve évidents dès la première écoute. Dès le début, je sais que je vais en épuiser chaque ressort, chaque repli, chaque rebond mélodique avec gourmandise. Le premier album d’In The Canopy m’a fait cet effet. Aussitôt découvert, il m’a obsédé et je ne pouvais m’empêcher de l’écouter en boucle pour en arpenter les nombreuses nuances. Ça faisait longtemps qu’on me vantait les mérites de ce groupe au nom de scène qui évoque d’immenses forêts et la nature à perte de vue.

Pourtant, je ne m’attendais pas à prendre une telle claque, à recevoir dans les oreilles une telle profusion de sonorités et une telle débauche d’imagination et de créativité. Certains diront que le côté tribal des mélodies rappellent la sinuosité de celles du groupe Alt-J, mais je ressens une touche de folie qui n’appartient qu’aux membres d’In The Canopy et une dimension spirituelle et chamanique supplémentaire.

Voyage en apesanteur

Prenons une chanson comme « Along with the dancer » aux nombreux tiroirs ouverts et refermés à l’envi. Un riff de guitare entêtant comme fil rouge, de superbes harmonies vocales, un refrain très pop et très haut perché, avant une dernière partie plus évanescente et trip-hop… il y a de quoi s’y perdre ou se laisser porter par l’ivresse de la chanson. En effet, au-delà des prouesses vocales de Joachim Müllner, qui s’était distingué avec cette vidéo incroyable où il se démultipliait à plein d’endroits différents, le groupe maîtrise parfaitement l’art des fausses routes. On croit qu’ils nous emmènent sur un chemin et brusquement apparaît une colline, une plage de sable fin, une montagne imposante ou un champ de colzas, de quoi perdre ses repères avec délice et finir totalement enivré par le voyage.

Dans le même état d’esprit, j’adore aussi « Achtung Hunter » que je redécouvre à chaque écoute et qui me stimule toujours de façon différente. J’aime l’introduction instrumentale à base de soubresauts électroniques, l’onctuosité jazzy de la voix de Joachim, l’ambiance qui s’en dégage et la tournure vaporeuse que prend la chanson au bout d’une bonne minute. L’album s’appelle « Talking Monkeys », mais il aurait tout aussi bien pu s’appeler « Dancing Monkeys » tant une envie irrépressible de remuer la tête me prend à chaque nouvelle écoute. Quand le corps et l’esprit s’associent, ça donne un résultat jouissif qui finit en apothéose déchirante sur cette chanson. On imagine déjà la transposition captivante en live, la fusion des sens, des sentiments, des ambiances pour un tourbillon magique qui élève haut, très haut.

In The Canopy jouera ce vendredi 20 mai au Café de la Danse, à Paris.

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