Clara Luciani, les maux bleus

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Explosive Clara Luciani. Cela fait plusieurs années que j’ai repéré le magnétisme de cette grande chanteuse brune ténébreuse, d’abord dans le groupe La Femme, puis en duo avec Raphaël au Cirque d’hiver, à Paris, en 2015. Voix aussi grave que ses textes, empreints d’un romantisme un peu désuet, regard fiévreux, présence habitée, difficile de ne pas être happé par les chansons qu’elle égrène depuis plusieurs mois, à l’image de « Comme toi ».

« La grenade », dernière en date, premier single de son album à venir, est particulièrement ensorcelante, avec sa basse vrombissante, et son refrain aérien dans lequel elle met en garde contre « la grenade sous son sein ». « Je ne suis qu’un animal déguisé en madone », confie-t-elle ensuite, avec toute la fougue et la sensualité qu’on lui connaît. Le message passé par la chanteuse est particulièrement d’actualité en ces temps nauséabonds de sexisme ordinaire :

« Et toi, qu’est-ce que tu regardes ?
T’as jamais vu une femme qui se bat ?
Suis-moi dans la ville blafarde
Et je te montrerai comme je mords, comme j’aboie »

On parfois Clara Luciani à Barbara pour l’intensité de son interprétation, mais Clara Luciani a ce supplément d’âme qui lui appartient, cette faculté à transformer ses maux en mots doux et apaisants, cette façon bien à elle d’installer un climat électrique, de projeter une lumière irréelle sur ses souffrances et ses doutes. Ça tombe bien puisque Luciani veut dire petite lumière en langue corse.

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