Embarquez à bord du cockpit du Printemps de Bourges

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Bourges, six jours d’arrêt. Tous les ans, c’est la même chanson remplie de frissons, entrecoupée de déceptions et de surprises mémorables. Quelques semaines après l’arrivée du printemps, le cœur paisible de la cité berrichonne bat pendant une semaine au rythme soutenu des festivaliers, des promeneurs et des noceurs. Et la musique dans tout ça ? Elle se déploie à la fois dans les bars de la ville, sur les scènes gratuites et dans plusieurs lieux stratégiques comme le Palais d’Auron, le 22 et l’Auditorium.

Pop effervescente

A mi-chemin du cru 2016, je peux déjà dresser un premier bilan, forcément loin d’être exhaustif au vu du nombre impressionnant de concerts à l’affiche. Premier jour à double tranchant : d’un côté les populaires Marina Kaye, L.E.J. et Mika – et leur public quelque peu hystérique – et de l’autre l’effervescence de la jeune garde française dans toute sa splendeur avec Flavien Berger, Bagarre et surtout Grand Blanc, qui m’a donné très très chaud avec ses hymnes électro-pop décapants.

Deuxième jour chargé en nostalgie avec un plateau de folie réuni au Palais d’Auron pour les 40 bougies du festival. Mes moments préférés : la furie d’Izia et Jeanne Added sur une reprise de Patti Smith, l’engagement de Youssoupha sur l’Hexagone de Renaud, la fébrilité de Jeanne Cherhal sur le voyage à « Nantes » de Barbara ou encore la relève de Bashung avec Nosfell et Radio Elvis et un « La nuit je mens » hypnotique. Entre une intermède consacrée au phénomène Jain et avant un autre moment nostalgique avec le come-back de Louise Attaque, direction le 22 pour quelques très bonnes surprises aux Inouïs dans la catégorie rock. Je reviendrai plus tard sur les étonnants Holy Two et l’enluminé (et illuminé) Angel, avec qui j’ai eu l’occasion de discuter quelques minutes. J’ai aussi pris une bonne petite claque avec le groupe Cockpit, aux saillies rock psychédéliques. Du rock de très haut vol et une ambiance très lourde pour les Bordelais, copains de chambrée de JC Satan.

Télétransporté dans le far west

Parmi les affiches qui pullulent dans les allées du festival, celle de Norma m’avait fortement intrigué. Des tonalités vintage, un slogan accrocheur (« your one and only rock heroin ») et un nom de scène difficilement plus hollywoodien (Poupoupidou !), il ne m’en fallait pas plus pour aller découvrir en live la jeune chanteuse d’origine toulousaine. Sur scène, des rideaux rouges en velours, des lumières tamisées, un décor classieux au service de chansons qui m’ont littéralement captivé, entre Lana Del Rey et The Kills, à la fois sensuel et électrisant. On se serait cru transportés dans un vieux ranch américain, entourés par des cow-boys remplis de boue. Norma instille ses mélodies romantiques avec élégance et dramaturgie, lâchant les chevaux et les riffs sans sourciller. Je suis sûr qu’on la reverra très vite à l’affiche d’autres festivals. Il se murmure déjà en coulisses qu’elle tient la corde parmi les favoris pour succéder à Last Train et Radio Elvis aux Prix des Inouïs. Rendez-vous dimanche pour la suite et la fin de l’aventure. On the road, again.

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