Bessa laisse bouche bée

Bessa

Une voix comme la sienne, ça ne s’oublie pas. Il y a quelques mois, j’avais été envoûté par les débuts de Bessa, présence magnétique et mystérieuse. Le genre d’artistes dont le talent se suffit à lui-même. Pas besoin de dérouler le fil de son histoire, de connaître le moindre détail des différentes étapes qui l’ont conduite à reprendre un jour la magnifique chanson « Partir avant les miens » de Daniel Balavoine, avec une singularité exceptionnelle. Une chanson aussi intense que « Héloise », ça ne court pas non plus les rues.

« La nature me fait pleurer »

Alors quand j’ai vu que l’énigmatique chanteuse faisait son retour avec une chanson intitulée « De l’homme à l’animal », je n’ai pas hésité une seconde à me replonger dans son univers très sombre, très mélancolique, mais d’une beauté foudroyante. Depuis, la chanson s’est infiltrée dans mon cerveau, son refrain diabolique pouvant surgir à tout moment de la journée. On retrouve certes des bribes de la folie de Camille, de la fébrilité de Camélia Jordana ou des expérimentations d’Emilie Simon, mais Bessa, Julie de son prénom, possède bien son propre imaginaire captivant, qu’on retrouve notamment dans son clip aux teintes surréalistes, en clair-obscur, qui reflète parfaitement la mélancolie poisseuse de la mélodie. « Je pense qu’on porte des chagrins de nos ancêtres depuis des siècles, racontait-elle l’année dernière dans Les Inrocks. J’apprends petit à petit à les accepter et ça les apaise. Je reste un être profondément contemplatif et la beauté de la nature me fait souvent pleurer. »

Sur les trois autres morceaux de son nouvel EP, on retrouve cette même fragilité à fleur de peau sur des mélodies envoûtantes, mais sur des terrains de jeu assez différents. « La fin du règne » impose en force ses sinuosités électroniques assez jouissives, « Par hasard » prend des chemins plus classiques mais impressionne par son refrain presque joyeux, tandis que « Mr Jeunetekonépa » nous prend à contre-pied avec son ambiance trip-hop. Un mélange de couleurs, d’épices, de textures sonores qui nous rassasie juste assez pour qu’on aie envie d’en reprendre une bonne louchée. La suite en concert !

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