Festival des Nuits Secrètes : bas les masques !

Moriarty, dans un lieu insolite des Nuits Secrètes, en 2014. Photo : Olivier Duquesne
Moriarty, dans un lieu insolite des Nuits Secrètes, en 2014. Photo : Olivier Duquesne

Le festival des Nuits Secrètes a une saveur particulière pour moi. J’ai passé une partie de ma scolarité à quelques kilomètres d’Aulnoye-Ayméries, petite cité paisible du Nord qui se métamorphose littéralement le temps d’un week-end chaque été depuis une quinzaine d’années. Pour se démarquer des autres festivals du même calibre, les organisateurs ont misé dès le début sur l’originalité des Parcours secrets, l’expérience musicale la plus folle que j’ai pu vivre. Je me souviens notamment avoir assisté à un concert de Sly Johnson dans une vieille brasserie après un périple mémorable dans un bus, les visages recouverts d’un masque, les vitres calfeutrées par des affiches et le trajet beaucoup plus long à l’aller qu’au retour, le chauffeur prenant un malin plaisir à brouiller les pistes sur la destination finale.

De plus en plus d’artistes prestigieux jouent le jeu et embarquent le public dans cette aventure mémorable. La surprise est totale au moment de débuter le parcours secret, seule la liste des artistes participants est connue. Cette année, du 29 au 31 juillet, on retrouvera pèle mêle François & The Atlas Mountains, General Elektriks, Flavien Berger, O, Mansflied TYA ou encore Vanessa Wagner. De l’autre côté de la route, sur la grande scène, du beau monde avec Alain Souchon et Laurent Voulzy, Lilly Wood and The Prick, Selah Sue ou encore Mickey 3D, qui défendra sur scène son fabuleux nouvel album que j’avais chroniqué ici. L’année dernière, Jeanne Added avait fait halte à Aulnoye-Ayméries alors que son premier album était à peine sorti, bien avant l’effervescence médiatique qui a suivi.

Mais les Nuits Secrètes se démarquent également de la concurrence par des choix audacieux du côté de la scène du Jardin, qui a l’avantage de privilégier la proximité entre le public et les artistes. J’avais notamment pu constater la folie de Club Cheval plusieurs années avant la sortie de leur premier album. Cette année, on retrouvera quelques uns de mes récents coups de cœur comme Thylacine, Petit Biscuit ou Feu ! Chatterton, qui a certes pris de l’envergure depuis la première fois où j’ai été bluffé par leur talent, mais aussi d’autres pépites comme Mr Oizo, Jagwar Ma ou Bachar Mar Khalife. Bref, les Nuits Secrètes demeureront à jamais des « Nuits magiques, des nuits de hasard où on se sépare sans trop y croire. » (merci Catherine Lara). Plus sérieusement, cela reste une expérience unique, un secret de moins en moins bien gardé.

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