Feu! Chatterton, oiseaux de bonheur

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Le choc de la découverte de Feu! Chatterton est généralement sans nul autre pareil. Aucun autre groupe français ne réussit aussi bien à concilier la tradition de la chanson à textes avec l’intensité et l’électricité du rock. Pour moi, ce fut un concert fiévreux au Printemps de Bourges en 2014 et je ne m’en suis jamais vraiment remis. Après une longue tournée, le groupe vient de sortir un deuxième album qui repousse encore les frontières de leur génie. L’oiseleur, nom de ce nouvel opus, c’est le nom suranné de celui qui capture les petits oiseaux pour les mettre en cage. Avec Feu! Chatterton, c’est plutôt l’inverse tant leur musique donne une sensation de liberté extrême.

Ecouter Feu! Chatterton, c’est se laisser bercer par le talent de conteur d’Arthur, ses incantations oniriques, c’est vibrer au rythme d’une chanson comme « Zone libre », qui redonne une jeunesse vivifiante à un poème d’Aragon, c’est s’abandonner totalement et s’envoler haut, très haut, plus haut que tous les oiseaux du monde.

Sur ce nouvel album toujours aussi magnétique, Arthur, le chanteur à l’élégance dandy et au phrasé si particulier, nous régale de ses saillies poétiques, de ses « troubles rêveries », de son sens de la formule (« je serai la rouille se souvenant de l’eau » dans « Anna »), dans une atmosphère musicale enivrante. J’ai notamment une tendresse particulière pour la chanson « L’ivresse » et son flow imparable et acide, l’entêtante « Ginger » ou encore « Erussel Baled », qui résonne comme un vieux classique intemporel aux accents new wave.

 

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