Fishbach, révélation mortelle du Printemps de Bourges

Fishbach

Avec Fishbach, je savais que j’allais vibrer au Printemps de Bourges. En même temps, la chanteuse – lauréate d’un des deux prix du jury des Inouïs – a commencé son concert avec « Tu vas vibrer », dans une ambiance quasi mystique, dans le noir le plus complet et un silence religieux. Flora Fischbach, son nom à l’état civil, a envoûté le public du 22 avec ses intonations rauques et sa théâtralité impressionnante. « Sur scène, ce n’est pas un personnage, c’est une partie de moi, je bouge beaucoup, mais ce n’est pas forcément pour masquer de la timidité, m’a t-elle confié quelques minutes après le show. Tout ce que cette personne fait, c’est peut être ce que j’aimerais réussir à faire par ailleurs, j’appuie simplement les mots avec les gestes. »

Mélancolie dansante

Flora m’a également raconté comment elle a réalisé un jour qu’elle pouvait faire trembler les murs avec ses cordes vocales, et presque rivaliser avec une chanteuse d’opéra. « Quand je jouais avec mon groupe de punk, je chantais tout doucement, j’étais timide. Et plus ça allait, plus mon acolyte jouait fort. C’est comme ça que je me suis aperçue que je pouvais pousser ma voix. »

A l’image du titre « Mortel », grâce auquel je l’ai repérée, Fishbach navigue dans un univers musical très orienté vers les années 1980, avec boîte à rythmes, synthés acides et mélodies habitées. « Quand j’ai arrêté de chanter pour mon premier groupe de punk, je n’avais plus qu’un iPad, et les sons artisanaux et lo-fi m’ont tout de suite parlé. Dans les chansons des années 1980, j’aime beaucoup le mélange entre mélodies très dansantes et des textes durs. J’ai envie de relativiser mes histoires tristes avec la musique. Un titre comme « C’est la ouate » de Caroline Loeb, on ne se rend pas compte tout de suite que les paroles sont terribles. Je veux transformer la mélancolie en quelque chose d’utile et de dansant. » Certains la comparent déjà à Catherine Ringer pour la voix, Christine and The Queens pour la présence scénique, voire à Desireless ou Niagara pour le lyrisme flamboyant, mais je suis persuadé que Fishbach ne tardera pas à influencer d’autres jeunes artistes par son surréalisme, sa force de caractère et sa folie douce. En tout cas, j’ai rarement entendu quelque chose d’aussi Mortel.

Fishbach sera en concert le 23 avril à Lille et le 14 mai au festival Art Rock, à Saint-Brieuc.

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