Grand Blanc, le grand frisson pop

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A l’Est, du nouveau. Ces dernières années, il y a eu la Femme ou Feu ! Chatterton pour redonner ses lettres de noblesse à la prose érudite scandée dans la langue de Benjamin Biolay. Il faudra désormais compter sur Grand Blanc, bande d’amis qui proviennent tout droit du grand froid de Metz. Après un premier EP et des prestations live très séduisantes (Printemps de Bourges), ces enfants terribles de la French Pop publient un premier album intitulé Mémoires Vives, sombre à l’extérieur et brillant comme un diamant à l’intérieur.grand_blanc_memoires_vives

La pochette du disque dévoile les phares avant d’une voiture, sublimée par des lumières chaudes et stroboscopiques. On peut dire que le groupe met effectivement le turbo avec ce premier essai excitant. Comme le décrit admirablement Camille sur le pétaradant titre introductif « Surprise Party », l’album distille une « ambiance électrique sur la chaise musicale». Sur « Bosphore », difficile de résister à l’appel du dancefloor, entre rythme saccadé, touche électro, chœurs spectraux et refrain libérateur. « Disque sombre » marque ensuite l’entrée pénétrante et insidieuse de la voix de Benoît, celle-là même qui nous avait donné des sueurs froides sur « Samedi la nuit ». Les quatre amis ressuscitent le concept de « Beau bizarre » cher à Christophe sur « Tendresse ».

Grand Blanc joue malicieusement avec les mots légèrement surréalistes, qui s’entrechoquent un peu comme des glaçons au fond d’un verre de whisky coca. Idem pour les mélodies glaciales qui séduisent immédiatement (« Verticool », LE tube de l’album) et donnent le vertige. Grand Blanc fait aussi s’entrechoquer les époques, autant influencé par la pop acide des eighties que par la chanson française plus traditionnelle. On pense forcément à Alain Bashung sur « Samedi la nuit » mais on pourrait également citer des groupes plus vintage comme Niagara ou Chagrin d’amour. Des références chic et éclectiques qui leur permet d’inventer leur propre style, nerveux, emphatique et terriblement cool. Ou plutôt « verticool ».

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