« Highline » de Pamela Hute : et la lumière fut

10-Laura-G-Bersonjpg

J’ai toujours cru à la fulgurance mélodique et à l’élégance de Pamela Hute. Très exactement depuis la sortie de son premier album en 2010, il y a une éternité dans ce milieu de la musique où on ne cesse de créer de nouveaux phénomènes à aduler et glorifier. Pamela Hute a dû résister, se battre contre l’oubli et continuer à créer en dépit des vents contraires. Elle représente pour moi la fragilité du marché du disque qui empêche souvent la prise de risques et laisse peu d’occasions de se faire une vraie place. Ses deux excellents premiers albums lui ont permis de se faire un nom dans le microcosme rock parisien, mais pas suffisamment pour s’installer sur la durée.

Pop rutilante

Après de multiples péripéties qu’elle raconte très bien sur son blog, après avoir songé à tout arrêter, elle a décidé de se débrouiller toute seule pour sortir son troisième album. Un nouveau départ qui se ressent dès les premières minutes de Highline, ce fameux disque qui sort donc sur son propre label My Dear Recordings. Sur « All I say », chanson introductive, on retrouve cette mélancolie lancinante dans la voix de Pamela Hute mais incontestablement, quelque chose a changé, elle a fait entrer beaucoup de lumière et le résultat se rapproche davantage de la pop californienne, comme sur « Summer of 75 », que j’imagine très bien écouter dans une décapotable rutilante, les cheveux aux vents, sur la route 66.

Ce n’est pas pour rien que Pamela Hute s’est exilée aux Etats-Unis pendant un mois pour finaliser la couleur de l’album, entre longues heures de marche en solitaire et ivresse de la vie new-yorkaise. On retrouve cette légèreté, cette insouciance dans ces nouvelles compositions, un affranchissement de ses propres règles. Dans le même esprit, j’aime beaucoup l’entêtante et solaire « Nothing to see » ou encore l’intense « Getting Old ». Avec sa mélodie enivrante et son refrain calibré pour les radios, une chanson comme « Hectic Dreams » résume à elle seule le chemin parcouru par Pamela Hute, qui a véritablement trouvé son style, une synthèse addictive de rock féminin et de pop enlevée, dans la lignée de certaines de ses modèles, comme Kim Gordon (Sonic Youth), Shirley Manson (Garbage) ou Kim Deal (The Breeders).

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *