Printemps de Bourges : Holy Two, une sacrée sensation

Crédit : Lucile Perron
Crédit : Lucile Perron

Il y a des groupes pour qui j’ai une sympathie évidente et immédiate. C’est le cas de Holy Two, signé sur Cold Fame Records, le label créé par Last Train. J’avais très hâte de voir le concert du duo aux découvertes du Printemps de Bourges et leur performance a surpassé mes attentes. Elodie et Hadrien jouent en osmose totale, et pas seulement sur le magnifique titre « Orchid » où ils partagent le micro. La fusion de leurs talents fait véritablement des étincelles et ils ne font qu’un pendant le live, Hadrien derrière sa guitare et Elodie aux synthés et au chant.

Dès les premières minutes du show, on voit que chaque détail est pensé, chaque arrangement est fignolé à l’extrême, les deux acolytes ont su créer leur propre monde rempli de poésie et de moments planants. « J’aime beaucoup l’idée d’atteindre une certaine transe avec la musique, comme dans les grandes messes américaines ou les chants gospels, m’a confié Hadrien après le concert. On a envie de mélanger la tristesse et la joie et voir comment elles peuvent se confronter et quelle émotion cela peut procurer. » Elodie : « On est très attaché à la culture musicale africaine et on a l’impression qu’il y a une forte présence de la spiritualité dans leur musique. Ma mère est chilienne et je déteste la façon d’aborder la religion en France. Là bas, il y a quelque chose de beaucoup plus joyeux et festif. »

Des plans sur la comète

Si on peut qualifier leur style de « hip-pop », avec des mélodies très entraînantes et quelques saillies hip-hop, leurs chansons ont en commun de procurer des émotions très fortes tout en faisant irrémédiablement danser (« Face it »). « Même quand on fait de la musique chacun de notre côté, on partage la même ligne directrice, souligne Elodie. Sur scène, on essaye toujours de retrouver cette dualité entre quelque chose de très dansant et un univers plus onirique. »

Elodie et Hadrien sont actuellement inscrits en 5e année de l’école d’architecture de Lyon, ils ne vivent pas encore vraiment de leur musique mais ils trouvent dans cette double vie excitante bien des avantages. « Nos profs nous soutiennent à fond dans notre démarche parce qu’on touche à plein de domaines différents en cours », apprécie Elodie. Pour Hadrien, ils « ont un peu la même approche en architecture et en musique ». « On aime beaucoup déconstruire les morceaux en concert, étudier l’architecture nous permet d’avancer plus vite car on a les mêmes réflexes », juge-t-il. Au tout début de l’aventure, les gars de Last Train ont été subjugués par le duo alors qu’il faisait leur première partie dans un rade de Lyon, le Moko. « J’ai presque l’impression de préférer ce que vous faites à notre musique », aurait même lâché l’un des musiciens du groupe de rock. Sacré compliment !

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