Møme : « Au début, j’étais super timide sur scène »

Mome-hold-on

Møme est la nouvelle fusée de l’électro française, le nouveau représentant du style chill wave. Avec le tube « Aloha », il s’est taillé une place de choix parmi les nouveaux noms de l’électro avec qui il va falloir compter ces prochaines années. Pourtant, Jérémy Souillard a longtemps joué dans un groupe de rock niçois, The Kitchies, loin de penser qu’il symboliserait aujourd’hui le renouveau de la French Touch. Son rêve de gosse prend aujourd’hui la forme de « Panorama », un premier album euphorisant, un concentré d’adrénaline et de bonnes vitamines, des hymnes puissants et universels balancés dans une ambiance festive, mais aussi propice à une certaine mélancolie langoureuse. Møme signe la bande-son d’un été infini, des chansons qui sentent bon le sable chaud, les couchers de soleil à l’horizon lointain, les cocktails acidulés et colorés. Je l’ai rencontré quelques heures avant son show aux Transmusicales de Rennes, j’ai découvert un garçon souriant, serein et lucide sur son parcours.

Comment qualifierais-tu ton métier, DJ, musicien, compositeur ?
Pour moi, je suis un producteur de musique, sauf qu’avant, les producteurs restaient cachés derrière les artistes. Ces dernières années, ça s’est inversé, beaucoup font de la musique sans chanteur sur scène. La production peut être plus forte que le chant, c’est quelque chose que le public commence à assimiler. Si j’étais né 20 ou 30 ans plus tôt, je n’aurais pas été connu du grand public. D’ailleurs, à l’origine, je voulais rester à composer des sons dans ma chambre pour les autres. Après, je me suis rendu compte que le live me permettait de me faire connaître et d’associer le côté festif. Au début, j’étais super timide sur scène et j’ai fini par me libérer. Je n’ai jamais été en quête d’ego, ce qui est très important par exemple pour un chanteur. Je n’attendais pas grand chose du rapport avec le public, j’essayais seulement de vivre de ma passion.

Comment as-tu découvert que le titre « Aloha » était matraqué en radio en France ?
J’étais en Australie quand ma famille a commencé à me dire que la chanson passait tout le temps à la radio. Le titre était déjà pas mal diffusé sur les plateformes de streaming, mais là, ça a accéléré les choses, je me suis mis à beaucoup jouer devant du public, des gens qui ne connaissaient pas forcément ma musique. J’ai été surpris, je ne comprenais pas forcément ce qui se passait parce que pour moi je ne fais pas de la musique mainstream. Je suis content d’avoir eu cette chance mais je ne vais pas changer mon style pour autant. Il y a tellement de contraintes dans le format adopté par les radios que si j’avais voulu composer dans ce sens, je n’y serais pas forcément arrivé, c’est un pur hasard pour moi. Ça s’est fait malgré moi, je le prends comme un bonus, ce n’est pas du tout mon but.

MoMe

Pourquoi avoir choisi de partir en road trip en Australie ?
J’ai toujours été inspiré par les producteurs australiens et deux ans après le début du projet Mome, j’ai voulu partir là bas pour travailler avec certains et approcher le label Futur Classic, qui s’était fait connaître il y a quelques années avec Flume. Ca a apporté un renouveau de ce style de musique, ça tapait en restant très mélodique et cinématique. Je n’ai jamais voulu faire uniquement de la musique qui tabasse et qui fait danser les gens, et en ça je me reconnais beaucoup dans les productions de ce label.

Quels souvenirs garde-tu de ce voyage ?
C’est vraiment une manière de composer totalement différente, sans savoir ce qui nous attend le lendemain. J’ai monté un home studio dans mon van, quelque chose de très modeste, deux enceintes monitoring, un clavier Met, quelques percussions, un ukulele, une guitare acoustique. J’ai composé 80 % de la matière dans les endroits qui m’inspiraient, le matin je composais et l’après midi j’allais surfer ou inversement. Le soir, je faisais la fête, je rencontrais des gens, avec qui j’ai parfois collaboré. Au bout d’un moment, ça a été difficile de concrétiser parce que je ne savais pas quoi faire de tous les sons que j’avais accumulés, sans parler de la tentation d’amusement et des conditions de vie qu’il faut aussi gérer et organiser. J’ai connu beaucoup d’émotions que j’ai retranscrites dans ma musique. Aujourd’hui, quand j’écoute l’album, je peux dire où chaque partie a été composée et j’en suis particulièrement fier.

 

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