Juliette Armanet, à la folie passionnément

Crédit : Erwan Fichou / Theo Mercier
Crédit : Erwan Fichou / Theo Mercier

Difficile de ne pas aimer Juliette Armanet autrement « qu’à la folie », pour reprendre le titre de l’une des chansons de son premier album. Cela fait plusieurs années que j’entends son nom circuler avec insistance pour incarner la relève de la chanson française, de la variété mélancolique. Et j’ai donc plongé avec avidité dans son premier disque, quelques mois après avoir profondément aimé le premier single « L’amour en solitaire ».

Bien sûr, on se précipite pour en faire « la nouvelle Véronique Sanson » au vu de ses qualités au piano, de son groove lancinant et de son phrasé lyrique. Mais une seule écoute de son premier album « Petite amie » fait changer de perspective. On y entend plutôt des réminiscences de Supertramp, d’Abba (« L’indien ») voire du hit « It’s raining men » avec « Un samedi soir dans l’histoire », l’une des chansons les plus enthousiasmantes du disque.

Poison agréable

Des références disco-pop qui se mêlent parfaitement à des titres plus traditionnels, des ballades à tomber par terre comme « Alexandre », « La carte postale » ou « Star triste », du genre à fredonner sous la douche sans s’en rendre compte. Juliette Armanet apporte incontestablement une nouvelle voix à la variété française, un zeste de folie, un soupçon de kitsch totalement assumé et une désinvolture réjouissante. Trois ingrédients que l’on retrouve sur sa reprise audacieuse en français du hit de The Weeknd, « I feel it coming » :

« Sans détour et sans atours
Voilà j’aimerais faire l’amour
Toute la nuit tout le jour
L’amour avec toi

C’est peut-être un peu direct
Sans doute un peu incorrect
Mais j’aimerais faire l’amour
L’amour avec toi

{…}

Je te sens venir
Je te sens venir
Je te sens venir en moi »

Cet album agit comme un véritable sortilège, comme un poison agréable. On ne se lasse pas d’écouter en boucle ses multiples nuances, ses ondes positives, ses messages d’amour délivrés avec parcimonie, non sans une certaine dose de dérision (« A l’amour comme à la guerre »). Il me fait la même sensation qu’un bonbon légèrement acidulé dont on met de longues minutes à en découvrir toutes les saveurs, repoussant toujours plus le moment où il aura intégralement fondu. C’est un plaisir non dissimulé qui ne se refuse pas !

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