La Grande Sophie, toute une histoire

La Grande Sophie
© Kmeron / Flickr

La Grande Sophie, c’est toi, c’est moi, c’est nous. Rares sont les chanteuses qui frappent autant en plein cœur et en qui on se reconnaît sans peine. Depuis plusieurs albums, celle qui nous prodiguait « Du courage » en 2004 a gagné en émotion et sensibilité, avec comme point culminant les chansons ultra touchantes de « La place du fantôme ».

J’ai pu le constater en allant la voir en concert fin janvier dans une salle que je n’avais encore jamais expérimentée, l’Oésia, en bordure de Tours. C’est fou comme avec La Grande Sophie, on se sent tout de suite à l’aise, confortablement installés et prêts à l’entendre nous raconter des histoires, ses histoires. C’est quelqu’un qui sait facilement installer un climat de proximité, fabriquer un cocon chaleureux dans lequel se blottir. Après une introduction très élégante en vidéo, le concert commence en douceur avec « Les lacs artificiels », morceau planant extrait de son dernier album Nos histoires, injustement absent du palmarès des Victoires de la musique.

Puis La Grande Sophie plonge dans ses souvenirs avec « On savait (devenir grand) » ou « Quelqu’un d’autre » et dans ses questionnements d’artiste avec « La maison des doutes ». « Imaginez que je suis une tour où tous les occupants refusent de déserter », glisse-t-elle malicieusement en préambule. Chaque chanson ressemble à un ami qu’on n’a pas vu depuis longtemps et ces retrouvailles procurent une douce sensation de familiarité et une ivresse naturelle. Dans le public, certains ne retiennent pas leur joie au moment de « Maria Yudina » et son piano hypnotique, chanson engagée autant politiquement que poétiquement. Comme souvent, la tourneboulante « Suzanne » me tire quelques larmes et pourrait amplement figurer dans mon panthéon des chansons les plus tristes jamais imaginées.

Ses chansons parlent autant du temps qui passe, que des amours déçues, des rencontres opportunes ou tout simplement de la vie qui s’écoule tranquillement. Un parfum d’amertume et de mélancolie se dégage parfois de certaines compositions comme « Hanoï » ou « Quand le mois d’avril », mais c’est toujours avec délicatesse qu’elle nous emmène en voyage dans des contrées parfois intérieures (« Dans ton royaume »). Qu’elle s’inspire d’un roman de Delphine De Vigan avec « Je n’ai rien vu venir » ou qu’elle imagine la quête initiatique d’un homme veuf après le tsunami japonais (« Depuis le 11 mars »), elle parle toujours de nous, de nos histoires personnelles mais tellement universelles.

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