« Lost on You » de LP : l’heure de gloire de Laura Pergolizzi

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C’est typiquement le genre de destins et de success story qui me fascinent. Avant la lumière aveuglante des projecteurs, avant la frénésie et l’excitation médiatique, avant l’aura incroyable qui se dégagent de certains artistes, il faut parfois des années de combat, de solitude, de refus amers. Avant Lana Del Rey, il y eut Lizzy Grant, auteure d’un disque boudé par tout le monde. Avant de connaître la gloire, Lady Gaga ou plutôt Stefani Germanotta, fut renvoyée de sa première maison de disques au bout de trois mois. Sia a longtemps œuvré dans l’ombre des plus grands avant de savourer la reconnaissance et la consécration mondiale.

Je suis persuadé que Laura Pergolizzi s’apprête à connaître le même genre de bouleversement. Sous le nom de LP, cette chanteuse new-yorkaise à la chevelure hirsute, au look androgyne et à la voix rauque a déjà publié trois albums qui n’ont pas traversé l’Océan Atlantique, dont deux qui n’ont pas du tout rencontré leur public. Comme Sia, Laura a mis son talent au service d’autres artistes comme Rihanna, Christina Aguilera, Rita Ora ou Cher, déclenchant une étincelle chez elle pour soigner sa propre carrière solo.

Une Bob Dylan au féminin

En 2016, LP est donc passée à la vitesse supérieure et a enfin sorti LE single qui va tout changer. Il suffit d’une écoute de « Lost on you » pour se convaincre de l’énorme potentiel de cette chanteuse intense au sens mélodique infini. Il y aura un avant et un après, comme ce fut le cas pour Sia avec « Chandelier ». Le refrain reste imprimé en tête dès la première écoute et la singularité de son timbre de voix saute aux yeux inévitablement. Aux Etats-Unis, le magazine Vogue a même osé la comparaison avec Bob Dylan, évoquant un « swing électrique ». La France commence à peine à succomber à sa personnalité qui semble tourmentée et passionnelle. Les autres chansons de son nouvel EP « Death Valley » oscillent entre gospel enivrant (« Muddy Waters »), pop sifflotante (« Other people ») et folk chamanique (« Strange »). Ce que j’aime, c’est que Laura Pergolizzi semble cultive son étrangeté avec un plaisir non dissimulé, en faisant un vrai personnage à part entière. Elle possède en elle tous les ingrédients d’un succès monstre et durable. Son nouvel album pourrait définitivement le confirmer. En attendant, le public français la découvrira au Café de la Danse le 20 septembre, avant de la revoir sans aucun doute dans des salles plus grandes, à la hauteur de son talent immense.

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