Louise Attaque (re)part en live

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Quelle douce « Anomalie » ! Retrouver Gaëtan Roussel, Robin Feix et Arnaud Samuel, les trois piliers de Louise Attaque, sur la même scène du Chabada mercredi 2 mars 2016. Sensation étrange quand on avait laissé le groupe phare du rock français des années 1990 en flagrant délit de lassitude, après un troisième album qui avait déjà mis du temps à germer. Entretemps, on s’était plus que consolés avec la carrière solo de Gaëtan Roussel, mais il manquait un petit quelque chose.

Le quatrième album du groupe nous avait déjà mis l’eau à la bouche, ne manquait plus que le début de la tournée pour se rassasier. J’étais déjà là début 2014 quand les quatre copains s’étaient réunis pour l’émission « Alcaline », à la Gaité Lyrique, à Paris. Deux morceaux pour amorcer des retrouvailles et sonder l’envie du public de renouer avec ces chansons symptomatiques d’une époque. Depuis, le batteur Alexandre Margraff a préféré jeter l’éponge, remplacé par le tout jeune Nicolas Musset, 24 ans, qui avait donc 5 ans l’année de la sortie du premier album de Louise Attaque.

Avant le concert à Angers, deuxième date d’une tournée marathon, certains quadras nostalgiques font les calculs dans la file d’attente et se souviennent du temps passé, lorsqu’ils écoutaient en boucle Louise Attaque pendant leurs études. Plusieurs générations se sont réunies pour assister à ces retrouvailles émues, les parents font découvrir à leurs enfants, certains ados ont été piqués par la curiosité de voir ce groupe dont ils ont tant entendu parler sans jamais le voir une seule fois en live. « C’est un moment très spécial pour nous, proclame Gaëtan Roussel à son entrée sur scène. On va vous faire écouter des chansons d’aujourd’hui, d’hier, d’avant-hier et même d’avant avant-hier. Et peut-être de demain. »

Frissons d’antan

Et ça commence fort avec l’introduction reconnaissable entre mille de « Ton invitation » suivi par le dernier single en date « Anomalie ». Peut-être un peu moins fougueux, le violoniste Arnaud Samuel et le bassiste Robin Feix ont retrouvé leur vitalité d’antan, après avoir arrêté de jouer pendant plusieurs années. Les deux musiciens supplémentaires, à l’allure si juvénile, font souffler un vent de fraîcheur sur certains anciens titres qui méritaient d’être dépoussiérés.

On assiste tout au long de la soirée à un grand écart en termes d’époque et de style, du lancinant « Arrache-moi », « chanson pour les garçons » d’après Robin Feix, à des ritournelles plus modernes comme « Chaque jour reste le nôtre ». Mais l’émotion procurée par le grain de voix éraillé de Gaëtan Rousel reste la même, que ce soit sur le nouveau titre « A l’intérieur » ou le plus ancien « Comme on a dit », sorti en 2000.

Si les titres les plus cultes déclenchent l’hystérie dans la salle (« Léa », « Savoir », « Les nuits parisiennes » entre autres), les plus récents permettent de calmer le jeu et de captiver le public, comme l’immense ballade « L’insouciance », qui a eu le mérite de « remuer les tripes » de l’un des spectateurs. Idem pour l’ ultime rappel « Un peu de patience », joué par le trio en acoustique, qui laissera longtemps des frissons. Bilan de ce come-back : encore un peu trop de retenue, de rodage et de sagesse mais gageons qu’après plusieurs concerts, l’ambiance sera nettement plus électrique.

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