Lysistrata, l’amour et la violence

Mansfield.TYA_-2861

 

 

 

 

 

 

 

Le rock peut émouvoir. J’en ai eu la preuve vivante la semaine dernière au détour d’un concert du groupe Lysistrata au MaMA, le festival destiné à présenter des jeunes pousses aux professionnels francophones et étrangers. Il s’agissait d’un showcase de présentation dans un théâtre intimiste devant une poignée de spectateurs attentifs qui enchaînent souvent les concerts. En un bon quart d’heure, le trio a réussi à déployer des armes de séduction massive, avec une synergie et une puissance comme j’ai rarement pu constater. Cela fait plusieurs mois que le groupe clignote sur l’échiquier de la nouvelle scène rock et j’ai mieux compris pourquoi.

Au premier abord, les chansons disruptives de Lysistrata peuvent paraître trop brutales et quelconques si l’on compare avec des maîtres du genre. Mais elles ont ce supplément d’âme, cette dose incroyable d’émotion et d’intensité qui m’a fait tirer des larmes. La rage qui se dégage d’un morceau comme « Sugar and anxiety » n’est efficace que parce qu’elle s’accompagne de sentiments très forts, d’une tendresse malhabile, d’amour pour résumer.

Sur leur premier album « The Thread » qui vient de sortir, l’amour et la violence font donc bon ménage, chacun laissant libre cours à l’autre d’exister, les deux parties se réunissant dans un déluge de décibels qui secoue à la fois le corps et le cœur. Une expérience déconseillée aux âmes trop sensibles, comme le montre cette vidéo de Rod Maurice filmée dans le cadre du prix Ricard Live, que les garçons ont remporté haut la main :

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *