Maxïmo Park, l’urgence tranquille

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J’attends toujours leur retour avec l’impatience d’un enfant qui va passer une nuit blanche juste avant le jour de Noël. Depuis que j’ai découvert le groupe Maxïmo Park, je savoure chacune de leur mélodie, de leur refrain. L’effet de leurs chansons est particulièrement puissant, il me faut souvent plusieurs écoutes attentives pour qu’elles agissent complètement, un peu comme un thé qu’on laisserait très longtemps infuser pour en apprécier la saveur la plus intense et profonde qui soit. Ou comme un très bon vin qui ne se déguste qu’après l’avoir fait décanter.

Même si leur dernier album « Too much information » m’avait laissé un peu plus sceptique, il contenait toujours des pépites incroyables comme « Leave this island ». C’est ça la force du groupe mené avec élégance et folie par le chanteur Paul Smith, toujours trouver des nouvelles fulgurances mélodiques, une énergie décuplée, une urgence jamais rassasiée. Je me laisse toujours surprendre par un bout de chanson avant d’en adorer l’intégralité.

Cela fait donc quelques mois que je savais que Maxïmo Park allait publier un sixième album, qui s’appellerait « Risk to exist » comme la première chanson lancée en éclaireur en début d’année. Une bombe comme seule la formation britannique sait en dégoupiller, un mélange d’évidence mélodique et de réflexions plus métaphysiques. Sur des guitares tranchantes, Paul Smith a écrit ce qu’il avait sur le cœur après les nombreux morts de migrants au milieu des mers et des océans :

« Jette toi dans mes bras
Avant que les vagues ne nous engloutissent
Je n’arrive plus à respirer
Pose tes bras sur les miens
Je suis allé trop loin et l’océan est profond
Montre un peu d’empathie »

C’est ce mélange de mélancolie poignante, d’engagement physique et spirituel, cette alchimie entre romantisme et brutalité que j’ai toujours adoré chez eux. Quand je réécoute des chansons comme « Books from boxes », « This is what becomes of the brokenhearted » ou leur plus gros tube « Apply from pressure », j’ai toujours un pincement au cœur. Ce n’est pas forcément la façon la plus moderne de faire du rock aujourd’hui, il y a toujours un petit côté vintage et kitsch dans leurs compositions, mais je me laisse facilement emporter. J’ai hâte de les retrouver sur scène, le 19 septembre à la Maroquinerie à Paris pour être plus précis.

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