Orelsan, la liberté de non-expression

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Orelsan est un gentil garçon. Le genre d’artistes capable d‘inviter sa grand-mère à entonner quelques notes avec lui sur la bande originale de son film « Comment c’est loin ». Ou de refaire le monde en toute simplicité avec son pote Gringe sur un vieux canapé défraîchi dans la mini-série « Bloqués » sur Canal+. Mais le rappeur de Caen a également un dossier compromettant solidement accroché sur ses épaules : la chanson « Sale Pute » sortie uniquement sur Internet dans laquelle il imaginait la vengeance violente d’un homme cocu, invitant son ex à aller se faire « Marie-Trintigner ».

Jugé le 18 février devant la 8e chambre correctionnelle de la Cour d’Appel de Versailles pour « injure et provocation à la violence dans les textes de huit de ses morceaux », Orelsan a encore une fois été relaxé des accusations portées par les 5 associations féministes. Un verdict que je trouve amplement mérité, au nom de la «liberté de création » qu’il défend ardemment.

Est-ce qu’on pourrait imaginer un procès intenté à Quentin Tarantino pour incitation à la violence ou même à Gaspar Noé pour incitation à la débauche ? Ne parlons pas des litres de sang déversés dans certains polars ou certaines séries comme « Game of Thrones » ou « Walking Dead ». Pour ma part, j’ai toujours apprécié la finesse des punchlines d’Aurélien Cotentin, son côté « beautiful loser » pas vraiment compatible avec la virulence supposée.

Les propos reprochés à Orelsan sont tout simplement sortis de leur contexte, car ils proviennent de la bouche d’un personnage fictif, un « double maléfique au mauvais goût assumé ». La justice a mis en avant une « distanciation évidente » entre ses textes et ses prises de paroles publiques. « Sanctionner les chansons en question reviendrait à censurer toute forme de création artistique inspirée du mal-être, du désarroi et du sentiment d’abandon d’une génération », a jugé la Cour d’appel de Versailles. Le débat est (enfin) clos.

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