Sandor, sans peur et sans reproche

Crédit : Prune Simone Vermot
Crédit : Prune Simone Vermot

En furetant au gré des artistes à l’affiche des Transmusicales, je suis tombé sur plusieurs pépites pour lesquels j’ai eu un coup de cœur immédiat. C’est toujours grisant de se promener parmi des univers musicaux très différents et d’espérer profondément trouver la chanson, la voix qui vous chamboulera. Il faut se fier à son instinct et se laisser guider par son humeur pour pouvoir ressentir des émotions nouvelles.

Avant même d’aller à Rennes pour se prendre d’autres claques en live, j’ai notamment été captivé par les quelques chansons déjà publiées par Sandor, prénom masculin d’origine hongroise, accessoirement le nom d’un des personnages de la série Game of Thrones, et pseudonyme emprunté par une jeune chanteuse suisse à l’aura très mystique. En fait, elle a choisi ce nom en référence à Saroltà Vay, l’une des premières transsexuelles de l’histoire, une femme éduquée comme un petit garçon qui a choisi d’assumer sa masculinité et s’est fait appeler Sandor pour emprunter une carrière d’écrivain et de journaliste.

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Sur son site, ses chansons sont comparées à « des bonbons acidulés qui explosent en bouche ». Il y a surtout une atmosphère étrange, presque inquiétante, qui se dégage d’une chanson comme « Rincer à l’eau » à la mélodie tournoyante et très pop. A chaque chanson, comme une évidence. Sandor envoûte, hypnotise, ensorcèle avec des titres comme « Parmi les miens », son phrasé fascine, l’utilisation des synthés acides très eighties nous fait finir en transe, transi par tant de sorts qu’elle nous jette à la figure. Idem pour « Ange gardien », qui joue sur l’ambiguïté de la sexualité sur fond de musique martiale et scandée avec force :

« Moi je voulais jouer le rôle de ceux qui ne pleurent pas,
qui se réveillent avec la gaule pour se rendre au combat.

Mais dans mes mains, y’a rien que des seins de temps à autre,
alors si tel est mon destin, faut-il vivre pour les autres ? »

Forcément, les comparaisons pleuvent déjà avec d’autres révélations récentes comme Jeanne Added ou Fishbach avec qui elle partage l’incandescence et la liberté de ton. Mais je suis prêt à parier que Sandor tracera sa propre voie résolument moderne, faite de sinuosités passionnantes et de mélodies enchanteresses. Le tout avec un langage décomplexé, sans aucune concession qui change de la pop sirupeuse sans aucun message délivré. Vivement la suite !

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