Avec « Survivor », Stuck in the Sound fait pop neuve

Stuck

Je pardonne tout aux Stuck in the Sound. Une faute de goût, une chanson un peu moins bonne, un manque d’inspiration. Ce groupe m’a tellement fait vibrer à de nombreuses reprises en concert ou sur disque depuis 2006 que je me satisfais du moindre signe d’activité de leur part. Après 3 albums d’un rock furieux et mélancolique, les Stuck se sont réinventés, se dirigeant vers un rock plus nostalgique et éclectique. Ils publient ce vendredi 11 mars « Survivor », leur nouveau bébé, qui risque d’en désorienter certains. Abondance de synthés et de nappes électro, comme sur « Opening », un titre d’ouverture en guise de ballade romantique (ça change de « Zapruder » ou « Brother »), et mélodies un peu trop référencées (Michael Jackson, The Killers, voire Toto ou INXS), la première écoute du disque peut s’avérer décevante.

Passé la surprise de découvrir des chansons plus pop (le titre « Pop Pop Pop » nous avait pourtant donnés un indice), on prend un plaisir jouissif à entonner les hymnes que sont « Perfect Men », « Eyes like ice » ou « Lady of the night », qu’on pourrait presque qualifier de « plaisirs coupables » tellement les mélodies cèdent un peu à la facilité. Les garçons ont voulu montrer que la puissance ne se situe pas forcément dans la démonstration de force, mais dans l’énergie, l’intention et la nuance. D’où l’omniprésence de la basse (« Miracle »), donnant à leurs chansons une orientation clairement eighties. On jurerait entendre parfois la BO explosive d’un vieux film d’action où Bruce Willis jouerait les héros ou encore la bande-son jouissive qui nous accompagnait dans la voiture du jeu vidéo GTA Vice City.

« Entre émotion et puissance de feu »

En mars 2014, le groupe donnait quelques concerts de rodage de ses nouvelles chansons dans des petits salles, histoire de revenir à l’essentiel, aux racines de leur envie de faire de la musique. J’avais déjà ressenti dans l’air un besoin d’évolution, de calmer un peu le jeu. Voici ce que j’écrivais alors sur le site de Metronews, conscient qu’un groupe ne peut pas toujours refaire les mêmes chansons : « Avec les 4 inédits ‘Miracle’, ‘Sons’, ‘Fire’ et ‘Burn’, on retrouve le style inimitable du groupe, entre émotion salvatrice et puissance de feu, mais quelque chose a changé, de façon très subtile. Les mélodies sont plus sensibles, l’atmosphère plus nuancée, peut-être moins portée sur la guitare, ce qui vaut d’ailleurs quelques moues dans le public. »

Depuis, « Sons » et « Burn » ont été jetés à la poubelle, ou en tout cas remisés dans les tiroirs. Sur ce quatrième album, on retrouve tout de même une énorme chanson très rock, le genre qui procure des frissons énormes dès la première écoute : « Dies Irae » et son solo de guitare monumental que je suis capable d’écouter en boucle de façon compulsive. Comme dirait l’autre, il en faut peu pour être heureux !

Retrouvez Stuck in the Sound en tournée à partir du 17 mars, le 5 avril à la Cigale à Paris.

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