Tout va bien pour Orelsan

OrelsanPour un peu, on pourrait croire qu’il est devenu le gendre idéal. Depuis quelques semaines, pas un jour sans entendre parler d’Orelsan, qui a totalement tué le game avec son troisième album, « La fête est finie », meilleur démarrage de l’année en termes de ventes de disques et plus gros coup d’éclat question image. En publiant début octobre le clip monstrueux de « Basique », le rappeur était loin de penser qu’il changerait à ce point là de dimension. C’est comme si on découvrait tout à coup sa mélancolie désabusée, son sens de la formule et son éclectisme musical.

Tout avait commencé pour moi en 2009 avec le clip de « Changement », extrait de son premier album qui s’amusait du gouffre entre les générations et dans lequel figurait déjà sa grand-mère. J’avais beaucoup aimé aussi un titre comme « La terre est ronde » sur son deuxième opus, qui montrait une facette plus mélancolique. En plus d’un ton mordant et de saillies pleines d’esprits, Orelsan incarne à merveille le « beautiful loser », le parfait anti-héros qui assume ses failles et ses fêlures et les transforme en atouts indéniables.

Les Casseurs Flowters.
Les Casseurs Flowters.

L’apogée de cette philosophie ? Le tandem qu’il forme avec Gringe, les Casseurs Flowters, « le groupe de rap le moins productif du monde ». Dans le film « Comment c’est loin », les deux complices jouent parfaitement les mecs blasés qui vont devoir se surpasser pour atteindre leurs objectifs.

Après cette parenthèse jouissive, Orelsan a donc publié ce troisième album qui confirme son don pour parler simplement des choses de la vie. La preuve avec son nouveau single, « Tout va bien », où il ironise sur les difficultés que peuvent traverser certaines personnes. Orelsan a fait le choix sur cet album de prendre pas mal de hauteur et de tourner en dérision beaucoup de situations, comme les repas de famille (« Défaite de famille »), la notoriété et le star system (« Quand est-ce que ça s’arrête ») ou encore le passage à la trentaine (« La fête est finie »). Surtout, j’ai découvert un Orelsan plus tendre, presque romantique, qui offre deux déclarations d’amour touchantes à sa petite amie (« Paradis ») et à sa ville d’enfance, Caen (« Dans ma ville, on traîne). Il se pose même en grand frère attendrissant sur « Notes pour trop tard », où il donne comme il peut des conseils pour passer à l’âge adulte, « glissant dans les virages », même si c’est « perdu d’avance », pour reprendre le nom de son premier disque.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *