Victoires de la musique : le contre-palmarès 2017

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Cette année, j’ai décidé de faire évoluer mon palmarès alternatif de l’année écoulée en créant de toutes pièces des nouvelles catégories qui constituent vraiment mon panthéon personnel des douze derniers mois. La scène française n’a eu de cesse en 2016 de montrer son agilité, son inventivité et sa fantaisie, loin des têtes de gondole qui caracolent en tête des ventes de disques. Avec cette liste de coups de cœur, j’ai essayé d’esquisser un panorama des paysages les plus originaux qui se cachent parfois sous nos yeux, un tableau très personnel des artistes les plus émouvants et les plus excitants.

Meilleur duo : The Pirouettes
Puisqu’il existe deux trophées pour les meilleurs artistes masculin et féminin, j’ai eu envie de décerner un prix au meilleur tandem, formule qui revient en force ces derniers mois avec une flopée de duos très talentueux. J’ai une petite préférence pour Léo et Victoria, qui renouent avec la légèreté de Michel Berger et France Gall en ajoutant un soupçon de modernité et d’ego trip d’habitude plutôt croisé chez les rappeurs. « Grosse basse qui tâche d’entrée, ce soir encore les Pirouettes vont assurer, un show démentiel, des cris et des tubes à la pelle, la foule en adéquation connaît par cœur toutes les chansons », lâchent-ils de façon totalement décomplexée dans « Signaux », l’une des pépites de leur premier album « Carrément carrément », collection de tubes addictifs dont je ne me suis toujours pas lassé.
En bonus : leur nouveau clip « Jouer le jeu », ma chanson préférée de l’album.

Meilleur riff de guitare : Stuck in the Sound
Les rockeurs franciliens se sont offert un petit plaisir cette année avec un quatrième album aux antipodes du style qui les a fait connaître, plutôt influencé par les BO kitsch des années 80 et des groupes très pop. Mais au milieu des mélodies sucrées entêtantes dignes de Michael Jackson ou Tears for Fears se cache tout de même le riff de guitare qui m’a le plus électrisé cette année. Avec « Dies Irae », ils marchent plutôt sur les pas d’un groupe comme Bloc Party, incorporant bien sûr leur fougue et leur mélancolie légendaire. Entre 2m34 et 3m08, soyez prêt à jouer les guitar heros !

Meilleure tenue de scène : Las Aves
C’est l’un de mes coups de cœur absolus de l’année. Las Aves a marqué l’année sur tous les plans, avec un premier album bluffant de pop rétro-futuriste et des concerts épatants, bourrés d’adrénaline. Il y a aussi tout un univers visuel autour de Géraldine, Jules et Vincent, qui sont toujours vêtus de blanc en live, afin de concentrer toute l’attention sur leur musique à la fois sophistiquée et fédératrice. « On en marre de voir qu’on fait toujours une différence dans la manière de voir le corps et le physique de la chanteuse par rapport aux garçons, souligne la chanteuse dans une interview accordée à Tétu. On essaie de passer au-dessus avec notre choix de tenues et en me laissant faire ce que je veux, absolument. » Des tenues qui renforcent le côté gang de Las Aves, tout droit débarqué du futur pour nous donner une leçon d’efficacité pop.

Meilleure promotion : Ryder the Eagle
En parlant de Las Aves, le batteur Adrien Cassignol vole désormais de ses propres ailes après une dizaine d’années passées auprès de ses amis. Et les débuts sont plus que prometteurs sous son nouveau nom de scène Ryer the Eagle. Le premier single « She’s already won my heart » rappelle un peu les escapades en solo de Julian Casablancas et Albert Hammond Jr, un rock mélancolique et fiévreux, un refrain ensorcelant qui reste très longtemps en tête. Il a déjà conquis notre cœur.

Meilleur come-back inespéré : Nina Morato
Jusqu’ici, Nina Morato était pour moi un nom de chanteuse assez vague surgi du passé. Il faut dire que j’avais 8 ans au moment du pic de sa médiatisation, arrivée grâce au tube « Maman ». La chanson lui avait permis à l’époque de glaner une Victoire de la musique et de concourir pour la France à l’Eurovision en 1994. Deux autres albums sortent à l’aube de l’an 2000, dans un style toujours aussi loufoque et décadent. S’ensuivent de longues années compliquées… jusqu’à 2016 et les retrouvailles en bonne et due forme. Un quatrième album particulièrement élégant et fascinant sur lequel on retrouve notamment son vieux complice -M- et une atmosphère entre variété, rock, flamenco qui a toute sa place en 2016.

Meilleure BO de film : Irréprochable
Sans la musique de Zombie Zombie, le film de Sébastien Marnier n’aurait pas la même saveur. Il suffit d’en réécouter quelques extraits pour se replonger dans l’ambiance quelque peu malsaine du long métrage porté par Marina Foïs. Une histoire de jalousie sur fond de mythomanie aussi nerveuse que les beats et les gimmicks acides dispensés par le duo français. Sans conteste l’une des associations les plus réussies de l’année.

Meilleur disque de musique rurale : Matt Low
Puisqu’il existe un lauréat du « meilleur album de musiques urbaines », pourquoi ne pas imaginer prendre le contrepied et chercher des sonorités brutes, champêtres, des rêves de grands espaces, de nature. C’est ce que j’ai ressenti en écoutant le 1er EP de Matt Low, jusque là musicien de l’ombre pour divers artistes, dont Jean-Louis Murat, qui l’a poussé à prendre confiance et lui a écrit quelques textes. Originaire comme son mentor de Clermont-Ferrand, Matt m’a charmé avec le premier extrait de son 2e EP, « L’aventure », entraînante ritournelle qu’on imagine bien écouter lors d’un road trip à travers les champs, fenêtres ouvertes et cheveux au vent.

 

Et concernant les vraies nominations des Victoires de la musique, qui se dérouleront le vendredi 10 février prochain, voici mes favoris en gras dans chaque catégorie :

Meilleur artiste masculin
Renaud
Benjamin Biolay
Vincent Delerm

Meilleure artiste féminine
Jain
Imany
Véronique Sanson

Meilleur album révélation
Amir – « Au coeur de moi »
Claudio Capéo – « Claudio Capéo »
Radio Elvis – « Les conquêtes »

Meilleure révélation scène
L.E.J.
Minuit
Broken Back

Meilleure chanson
Vianney – « Je m’en vais »
Amir – « J’ai cherché »
MHD – « A Kele Nta »
Véronique Sanson – « Et je l’appelle encore »

Meilleur album rock
Mickey 3D – sebolavy
Louise Attaque – Anomalie
La Femme – Mystère

Meilleur album de chansons
Julien Doré – &
Christophe Maé – L’attrape-rêves
Benjamin Biolay – Palermo Hollywood

Meilleur album électro
Jean-Michel Jarre – Electronica 2
Kungs – Layers
Justice – Woman

Meilleur album de musiques du monde
Calypso Rose – Far From Home
Acid Arab – Musique de France
Rokia Traoré – Ne So

Meilleur album de musiques urbaines
Georgio – Hera
Jul – My World
Kool Shen – Sur le fil du rasoir

Meilleur concert
Jain
Ibrahim Maalouf
Nekfeu

Meilleur clip :
Cassius – « The Missing »
Jain – « Makeba »
Yael Naïm – « Coward »

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